| Internet et après (D.Wolton)
Nous avons choisi de nous faire lécho de quelques réactions qui ont accompagné la sortie du livre de Dominique WOLTON " Internet et après ? : une critique des nouveaux médias " et dapporter ainsi notre modeste contribution au débat (pour ce qui concerne les détails de son argumentaire, nous vous conseillons de vous référer aux liens ci-dessous ainsi quà la fiche de lecture complète que nous mettrons en ligne la semaine prochaine) :
D. Wolton nous propose une analyse critique avec le regard dun sociologue (lauteur est directeur de recherche au CNRS, où il dirige le laboratoire "Communication et politique") il rappelle limportance de la dimension humaine et sociale de lintégration des technologies des médias. Il démontre à sa manière (fruit de ces nombreuses études réalisées au CNRS depuis près de 20 ans) que toute théorie de la société implique un modèle de communication à léchelle individuelle et collective (ce qui a la même fonction que le ciment qui sert à assembler les briques dune maison et garantit sa stabilité) or, il apparaît que depuis le début de lépoque moderne (basée sur la démocratie et lindividu), lévolution de notre société est suscitée par linnovation technologique, comme moteur de lindustrie et chaque grande innovation technique est mis en avant pour tenter de résoudre les principaux maux de notre société.
Cest à ce niveau que nous souhaiterions apporter notre regard car depuis le début de la décennie, on nous parle de ce que nous allons pouvoir faire demain avec une télévision qui nen sera plus une, qui remplacera le téléphone, lordinateur
Mais ces défenseurs de linnovation oublient lessentiel : cest le rapport que nous avons avec lobjet (et également à la société) et il ne suffit pas quun objet remplisse des fonctions qui pourraient être utiles à lêtre humain pour que celui-ci lintègre dans sa vie quotidienne (et que ses relations à lautre en soient améliorées !)
Si lon regarde dans lhistoire récente : le téléphone a été inventé en 1875, et il a mis près dun siècle avant darriver dans nos foyers et devenir un objet quotidien dont la plupart des gens (à de rares exceptions) se passeraient difficilement.
De même, on peut considérer que linternet a été créé depuis une trentaine dannées, son utilisation professionnelle ne date pourtant que dune dizaine dannées, et son application grand public (pour tous les citoyens) na pris effet quen 1994 (et surtout aux USA) et lon voudrait pourtant que toute personne qui dispose dun ordinateur se connecte spontanément au réseau ? cela nous paraît bien irréaliste (tout comme le doublement dutilisateurs en France dici lan 2000, comme certains le prédisent déjà depuis de nombreux mois).
En effet, même si lhomme a appris à sadapter de plus en plus vite à la machine, celle-ci induit des changements fondamentaux de comportements qui prennent du temps à sinscrire dans la société, il suffit de se rappeler quil y a encore quelque mois il nétait pas possible de réserver un billet de train sur le site de la SNCF (idem pour Air France).
De plus, on peut également se poser la question du bienfait pour lhomme dun réseau sans règles, où largent occupe chaque jour plus de place, nous sommes encore à une forme de préhistoire, et tout reste à organiser si lon veut sortir du milieu " professionnel " auquel le web reste encore limité (et le faire devenir un médium de masse).
Cest dailleurs dans ce contexte que nous avons choisi dintervenir avec notre activité de test afin de " pousser " les concepteurs du web à avancer dans le sens des utilisateurs et à sortir du cadre dans lequel ils sont confinés (notamment avec leur culture technique, ou artistique
), car si lon veut être vraiment utile il faut sadresser aux récepteurs directement (de trop nombreux produits ont échoué par labsence de la prise en compte des consommateurs : mais nous aurons loccasion dy revenir lors de nos prochaines éditions).
Nous pouvons également intervenir en amont, en conseil, au niveau de la pertinence même, dêtre présent sur le web : car de nombreux sites aujourdhui ne servent à rien, quant aux autres servent-ils vraiment la bonne cause, et jouent-ils un rôle favorable au développement de notre société ? le débat reste ouvert !
o Un autre regard utile sur le sujet, le dernier livre de Donald A. Norman : " The Invisible Computer : Why Good Products Can Fail" = met en lumière les causes déchec des produits qui nont pas été conçus en pensant aux utilisateurs, et au facteur culture
le livre chez <amazon.com> :
http://www.amazon.com/exec/obidos/ASIN/0262140659/qid=924956839/sr=1-2/002-7524488-9662034
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